• 04.03.2015

    Discours de S.E. Michaëlle Jean, Secrétaire générale de la Francophonie à Paris le 3 mars 2015

    Lors de la signature de l’Accord tripartite entre l’OIF, l’OFQJ France et l’OFQJ Québec


    « C’est une immense joie pour nous, de l’OIF, de vous accueillir en son siège, la maison de la Francophonie, notre maison à nous tous.

    Ma joie est d’autant plus grande que cette petite cérémonie concerne les jeunes qui constituent le présent et l’avenir de la Francophonie. Comme nous le savons, au sein de l’espace francophone, la majorité de la population est composée de jeunes : 245 millions de jeunes, âgés de 15 à 30 ans. Il faut y voir un immense défi, mais surtout une très grande chance.

    Pour la Francophonie, la jeunesse a toujours été un enjeu stratégique majeur. La Francophonie a ainsi pris de nombreux engagements envers la jeunesse : à travers les Déclarations du sommet de Moncton en 1999, de Québec en 2008, de Montreux en 2010, de Kinshasa en 2012 et de nouveau la Déclaration de Dakar qui dit haut et fort l’urgence d’inclure stratégiquement les jeunes et les femmes au cœur de tous nos champs d’action : linguistique, politique, culturel, social, numérique, économique.

    C’est déjà dans cette logique que l’OIF met en œuvre, depuis quelques années, son programme de volontariat international qui offre, chaque année, à une soixantaine de jeunes, la possibilité de mettre, durant 12 mois, leurs compétences à la disposition d’un projet auquel ils vont participer, et de vivre une expérience de mobilité internationale au cœur de l’espace francophone. Mon rêve est que nous puissions offrir cette possibilité à un plus grand nombre encore de jeunes.

    C’est aussi et toujours dans la perspective de favoriser la mobilité et l’épanouissement des jeunes que s’organisent les Jeux de la Francophonie qui réunissent, tous les 4 ans, plus de 3000 jeunes talents ayant la langue française en partage.

    C’est enfin dans la même logique de mobilité que se situe le Forum Mondial de la langue française dont la prochaine édition se tiendra à Liège en juillet 2015, après la première édition qui avait réuni à Québec plus de 3000 jeunes de tout l’espace francophone.

    Tout dernièrement, je reviens à Dakar, le XVème Sommet a adopté la Stratégie jeunesse de la Francophonie qui se décline autour d’une vision en des axes précis d’intervention, afin de répondre aux défis et aux problèmes majeurs auxquels les jeunes font face dans tous nos pays et dans un monde que nous savons de plus en plus incertain.

    L’objectif primordial de la Stratégie jeunesse de la Francophonie demeure la mobilité des jeunes, leur mise en réseau aux niveaux local, national, régional et international. Nous devons créer pour eux et avec eux des possibilités nouvelles et constructives d’épanouissement, d’apprentissage, de découverte, de formation, d’engagement civique qui les conduiront vers des stages, des projets d’insertion sociale et professionnelle, des réseaux de partenaires, d’échanges d’expertises, de savoir-faire, de créativité et d’innovation. Tout ce que fait si bien l’OFQJ, nous souhaitons sur ce modèle, ce beau fleuron, l’élargir à l’ensemble des jeunes de la Francophonie.

    L’heure est grave et nous savons l’urgence d’agir. Ne baissons pas les bras ! Là où des organisations criminelles cherchent à les embrigader, à les mettre en danger, à les détourner de la vie, à les amener à commettre l’irréparable ou à en être victimes, nous pouvons faire mieux et offrir aux jeunes une occasion de se révéler à eux-mêmes, d’espérer, de se dépasser, de mettre à contribution le meilleur d’eux-mêmes et de réaliser de grandes choses.

    La mobilité est l’une des préoccupations premières des jeunes, comme ils l’ont mentionné dans les recommandations qui ont clôturé le premier Forum Mondial de la langue française tenu à Québec. À nous de canaliser et de répondre à leur esprit d’aventure, leur désir d’implication, leur quête de sens et d’être reconnus à part entière.

    Je formule donc le vœu que cet accord-cadre qui sera signé par l’Administrateur de l’OIF et les deux Secrétaires généraux de l’OFQJ –Section France et section Québec –puisse aboutir à des conventions spécifiques qui décideront des actions concrètes à mener en faveur des jeunes. Ces conventions spécifiques détermineront aussi la contribution et les responsabilités des uns et des autres dans la mise en œuvre de ces actions. En agissant ainsi, nous contribuerons à mettre en œuvre la stratégie jeunesse de la Francophonie ainsi que le Programme d’Action Mondial pour la Jeunesse dont le monde entier célèbre, cette année, le vingtième anniversaire.

    Je vous remercie. »

    Lien du discours : http://www.francophonie.org/Discours-de-Michaelle-Jean-a-Paris.html