• 18.05.2016

    De Wemotaci à Namur : dix-sept jeunes atikamekw en échange interculturel à Namur

    Dix-sept jeunes Atikamekw de la communauté de Wemotaci et quatre accompagnateurs se sont rendus en Belgique dans le cadre d'un échange interculturel entre les élèves de l'Établissement des Soeurs de Notre-Dame (ESND) à Namur et les élèves de Nikanik à Wemotaci, une des trois communautés atikamekw du Québec.

    C’est une ancienne élève de ESND, Hélène Collin, en visite à Wemotaci et Jacques Brunet, enseignant en musique à Nikanik qui sont à l’origine de ce projet. Ils ont mis sur pied un comité pour réaliser le projet MATCAN ("partir" en atikamekw). Depuis septembre 2014, un processus de découverte de l'autre a été mis en place entre les deux écoles qui se sont associées pour s'engager dans un processus d'échange culturel autour de l’axe nature-culture. En effet, au fil de leur correspondance les élèves et professeurs ont constaté que de nombreuses problématiques pouvaient réunir les deux communautés, notamment les questions concernant l’autonomie alimentaire, le respect de l’environnement, le sens des études et les choix à prendre à l’aube de la vie adulte. Ils ont aussi réalisé une anthologie poétique d’ici et d’ailleurs, des morceaux choisis d’œuvres littéraires, qu’il est possible de consulter sur leur blogue. L'issue de cette découverte mutuelle devant se clôturer par un séjour à l’étranger, les Namurois sont venus au Québec en mars dernier et les Atikamekw se sont rendus à Namur en mai.

    De Wemotaci à Namur 

    Ils sont arrivés à Namur en plein cœur d'un festival du théâtre forain. Durant leur séjour, qui s’est déroulé du 6 au 15 mai, les jeunes se sont retrouvés, ont réalisé une murale commune avec les jeunes namurois, visité la citadelle de Namur et participé à des ateliers d’écriture et de création musicale. Ils ont visité une ferme expérimentale biologique, la Porcheresse, un habitat collectif de jeunes agriculteurs où chacun a pu participer à des ateliers divers : faire du pain au feu de bois, fabrication de peinture à base d'élément végétal comme du chou rouge et des épinards, participer au montage d’une yourte, travailler au potager ou découvrir les différents usages de l'ortie.  Au cours des derniers jours, ils ont eu l’occasion de se rendre à Bruxelles pour une rencontre avec une association à Saint Josse qui crée un potager urbain pour une population marginalisée. 

    L'organisation d'un séjour à l’étranger et l'engagement de chacun dans ce projet a été très stimulant pour les élèves atikamekw pour qui l'école et l'apprentissage dans une autre langue peuvent s'avérer difficiles.  Le cheminement dans la réalisation de ce projet a contribué à rendre les jeunes plus conscients des enjeux de demain, d’envisager leur avenir de manière mobile et constater que malgré des environnements différents, les mêmes problématiques peuvent surgir. Toutes ces rencontres, leur ont aussi permis de découvrir des modes de vie qu'ils n'imaginaient pas. Finalement, en plus de faire rayonner la culture atikamekw en Wallonie-Bruxelles, ce fut aussi l'occasion pour l'école Nikanik de montrer son engagement et son dynamisme pour faire évoluer l'éducation des premières nations et contrer le décrochage scolaire.   

    Ce projet a été réalisé dans le cadre du programme Engagement citoyen de LOJIQ, par le biais de l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse (OQWBJ).

    Photo : © Projet Matcan