• 30.06.2010

    De Bruxelles à Montréal - Des jeunes de l'école Jeanne-Mance découvrent le marché du travail

    Du 20 au 28 mai, un groupe de quatre élèves de la Formation préparatoire au travail de l’école Jeanne-Mance ont visité Bruxelles. Les jeunes, âgés de 16 et 17 ans, ont vécu toute une expérience de sensibilisation au marché du travail, accompagnés de leurs enseignants Bruno Larouche et Victor Plamondon.

    Pendant une semaine, les élèves ont visité la ville tout en rencontrant des commerçants et entrepreneurs locaux. Ils ont été logés et nourris gratuitement à l’auberge jeunesse Génération Europe, à Bruxelles, en échange d’un peu de travail ménager chaque jour. 

    Les jeunes ont fait trois visites axées sur l’emploi. La première activité, une incursion au Musée du chocolat, a fait découvrir au groupe les différents métiers associés aux délices chocolatés. De façon surprenante, la profession d’archéologue en fait partie, car elle a permis de « retrouver les vestiges du chocolat qui viennent des Mayas, en Amérique du Sud. Ils font des fouilles archéologiques pour retrouver leurs techniques de fabrication », explique Mathieu Sweeney, un des élèves du groupe.

    Après le chocolat, les élèves ont découvert la fabrication de fromage artisanal dans la ville de Namur. Ils ont visité une fromagerie des plus authentiques, où le fromage se fait à l’ancienne. « Chaquepièce avait son odeur ! », souligne Nicolas Dumouchel-Lamoureux.

    Enfin, la troisième visite était des plus intéressantes. Les ateliers Vervloet confectionnent à la main de la serrurerie décorative, comme des poignées et des accessoires de finition intérieure. Ce fabricant façonne des pièces uniques qui ornent les palais présidentiels et les châteaux. Les élèves ont apprécié le travail, même s’ils ne passeraient pas une heure à perfectionnerune pièce à coups de marteau !

    Les visites d’entreprises n’ont pas empêché les voyageurs de s’adonner au tourisme : le château de Gaasbeek, l’Atomium, le musée de la bande dessinée, et plusieurs autres. C’était tout un changement de paysage pour ces jeunes, dont la majorité n’avait jamais traversé l’Atlantique.

    Grâce au soutien de partenaires comme l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la Jeunesse (OQWBJ), le voyage n’a coûté que 350 $ par personne, le billet d’avion inclus. Les élèves ont amassé de l’argent en vendant des barres de chocolat et en réalisant des travauxdans l’école, comme la restauration des rampes d’escalier.

    Ouvrir ses horizons

    « Ces voyages ont pour objectif de faire découvrir l’international et que ces jeunes y retournent », explique Bruno Larouche, enseignant de la Formation préparatoire au travail (FPT).

    « C’est sûr que ça motive les jeunes dans l’année à rester à l’école. C’est un projet rassembleur, mais c’est aussi une expérience de vivre 24 h sur 24 h, 7 jours sur 7 ensemble », explique-t-il.

    Les dortoirs, les ronflements, parfois la chicane, ils en ont vu de toutes les couleurs. Mais somme toute, ils ont apprécié leur voyage. « C’est pour leur donner une expérience différente. En FPT, ils ne sont pas au [cheminement] régulier, ils manquent certaines choses. Je me suis dit que ça leur donnerait une belle expérience que les autres n’ont pas », ajoute l’enseignant.

    Il y a au total 23 élèves inscrits à la FPT à l’école Jeanne-Mance. Ces adolescents accusent un important retard scolaire qui empêche leur intégration dans une classe régulière. L’objectif de la Formation préparatoire au travail est de leur donner un soutien et une formation à l’emploi.

    En première année, ils suivent des ateliers de travaux manuels, dans l’atelier à bois et dans la cuisine. En deuxième année, ils vont trois jours à l’école et deux jours en stage de travail. Gabriel Mattalia a fait son stage en mécanique automobile et Mathieu Sweeney, en pâtisserie. Nicolas Dumouchel a travaillé en service à la clientèle et Nicolas Paquette est préposé dans une cour à bois. L’école les prépare aussi au marché du travail, à seprésenter devant un employeur et à poser sa candidature.

    Ils obtiennent leur diplôme en trois ans. À l’âge de 18 ans, ils auront complété l’équivalent d’un diplôme de 2e secondaire. Certains se dirigent ensuite vers le marché du travail et d’autres à l’école des adultes. « Si ces élèves n’étaient pas avec nous, ils lâcheraient ou seraient sûrementdans la rue », souligne M. Larouche.

    Source :
    www.leplateau.com/Societe/Vie-communautaire/2010-06-25/article-1414428/De-Bruxelles-a-Montreal/1

    Les participants

    Légende photo :
    Nicolas Paquette, Mathieu Sweeney, Gabriel Mattalia et Nicolas Dumouchel-Lamoureuxse sont envolés pour Bruxelles en mai. 

    Photo :
    Jacques Pharand