• 15.09.2016

    Pour son 15e anniversaire l’exposition franco-québécoise Les traversiers des arts débarque à Québec

    Pour inaugurer sa nouvelle saison, le centre d'artistes et lieu d'exposition Materia présente, du 23 septembre au 30 octobre 2016, une exposition collective réunissant quatre artisanes de la relève en céramique et en textile sous le commissariat de Marie-Renée Otis. C'est un rendez-vous le vendredi 23 septembre dès 17 h pour le vernissage en présence des artistes québécoises Arianne Poitras et Maxime Bouchard ainsi que françaises Louise Taschet-Chêne et Azélina Michelet.

    Les Traversiersdes arts est un projet d’exposition franco-québécoise qui a vu le jour en 2001 à Brouage, en France. Il a pour objectifs de permettre à deux artisans québécois de vivre une première expérience d’exposition à l’étranger, de s’initier aux démarches reliées à l’exportation et de faciliter les échanges sur les pratiques artistiques. Les Traversiers, c’est plus qu’une exposition. C’est une rencontre entre la France et le Québec, l’Histoire et la jeunesse, la tradition et l’innovation. Les Traversiers, c’est aussi l’ouverture sur le monde pour de jeunes talents à l’aube d’une grande carrière en métiers d’art contemporains.

    Les Traversiers c’est une équipe de collaborateurs qui croit en cette jeunesse talentueuse et au développement des métiers d’art contemporains au Québec et en France. Le Conseil des métiers d’art du Québec (CMAQ), le Syndicat Mixte de Brouage, le Département de la Charente-Maritime, les Offices jeunesses internationaux du Québec (LOJIQ), la Société de développement des entreprises culturelles du Québec (SODEC) sont les porteurs de ce projet depuis ses débuts.  

    Cette année marque la 15e édition de l'événement et pour célébrer cet anniversaire, deux jeunes artisanes de la France viennent à leur tour présenter leurs œuvres au Québec. En s'alliant à cet événement international, Materia poursuit sa mission en soulignant l'importance de s'impliquer dans sa communauté pour appuyer le travail d'artistes prometteurs. 

    Quelques mots sur la commissaire  

    Marie-Renée Otis ouvre son atelier de broderie d'art à Baie-Saint-Paul il y a quinze ans. Formée au Québec, aux États-Unis, en France et en Angleterre, elle crée des œuvres contemporaines à partir de techniques traditionnelles. Elle participe à plusieurs projets spéciaux, notamment comme illustratrice de livres au Danemark et intervenante dans un projet de dynamisation d'une école métiers d'art en République Centrafricaine. Elle expose son travail un peu partout dans le monde, donne des ateliers privés et anime des conférences. En 2013, elle occupe le Studio du Québec à Paris pendant six mois. 

    Les artistes

    Louise Taschet-Chêne 
    À l’image des grandes migrations sociales de notre époque, les artistes brodeurs, céramistes et autres migrent parfois d’un matériau à un autre. Louise Taschet-Chêne est l’une d’elles. Elle prend plaisir à crocheter de la terre et à modeler des fibres. Faut-il tracer une ligne de démarcation ? Est-il nécessaire de préciser à quelle famille de matériau l’oeuvre appartient ? Ses plaques de céramique, les rosaces sur lesquelles elle insère tubes et perles nous intriguent. Avons-nous quitté le domaine de la broderie pour entrer de plein pied dans la céramique ? Son travail apparaît comme un carrefour où fil et terre se rejoignent en harmonie.

    Azélina Michelet
    Aller à la rencontre des oeuvres d’Azélina Michelet, c’est soulever un ensemble de questions sur la place de l’émotion dans la création et l’attachement que nous avons envers les vieilles choses : « Objets inanimés, avez-vous donc une âme – Qui s’attache à notre âme et la force d’aimer ? », disait Alphonse de Lamartine. Y a-t-il un dialogue entre l’âme d’Azélina et l’âme des vêtements usagés qu’elle récupère et réutilise ? Que resterait-il de son travail si elle n’utilisait plus ces choses qui ont une âme ? Vibrer à cette âme est le fondement même de son oeuvre, son essence. Pour Azélina, ces histoires sont celles de sa famille, de celle dite « ordinaire ». Car même si une famille n’a pas vécu de destin tragique hors du commun, elle peut être tout aussi riche. Nos légendes personnelles ne sont-elles pas tissées par les rapports humains que nous établissons ? Il suffit à Azélina d’insérer de petites choses comme des boutons, des dentelles et des photos pour créer des allusions, des symboles ou des métaphores.

    Arianne Poitras  
    Arianne Poitras aborde l’identité collective québécoise sous deux angles : la nordicité et le fleuve Saint-Laurent. Saison maîtresse au Québec, l’hiver dure plusieurs mois par année. Arianne nous rappelle les difficultés de vivre dans son pays, les trésors d’adaptabilité dont les Québécois font preuve pour faire face à des températures sous zéro et à des périodes de quasi hibernation imposées par le froid. Elle témoigne aussi de la présence marquante du fleuve Saint-Laurent dans nos paysages. En intitulant ses porcelaines Naufrage, Brise-glace et Bancs de glace, c’est la force poétique du fleuve hivernal, sinistre, mauvais et redoutable que célèbre Arianne. Elle utilise la porcelaine pour sa pureté, sa blancheur, sa finesse. Pour la force tranquille de ce matériau minéral. Elle base sa recherche et sa création sur l’exploration. Trouver de nouvelles façons de déformer l’argile, développer des failles et les mettre de l’avant. Oser. Oser jusqu’à rendre beau ce qui  peut être considéré comme laid, aride. La confrontation aux conventions semble être la porte d’entrée d’Arianne vers sa création. Elle aime aller à contre-courant des règles tacites et explorer les dualités : positif/négatif, utilitaire/décoratif, plein/vide, uni/brisé, etc.

    Maxime Bouchard  
    
Le vocabulaire plastique de Maxime Bouchard fait largement référence à ses racines et à son héritage autochtone. Quelle richesse et quelle douleur à assumer, sachant que les fondements de la culture ancestrale autochtone ont été refoulés, niés, assimilés. Si blessé soit-il, son héritage devient son ruisseau d’inspiration, son style, son identité. Une source qui ne se tarit point. Le ruisseau devient rivière, puis fleuve et ne cesse de grandir. Maxime ressent un attachement à la nature aujourd’hui menacée. Certains artistes, sensibles parmi les sensibles, vibrent et s’émeuvent de cette menace. Maxime vit la peur viscérale et paralysante d’être humain, fragile et démuni face aux changements climatiques et environnementaux. Elle l’exprime dans ses oeuvres de manière ténue et discrète.

    Cette 15e édition exceptionnelle des Traversiers des arts de Brouage est possible grâce au soutien et à la collaboration de partenaires tels que Materia, le Conseil des métiers d'art du Québec (CMAQ), le Syndicat Mixte de Brouage, le Département de la Charente-Maritime, les Offices jeunesse internationaux du Québec (LOJIQ), la Société de développement des entreprises culturelles (SODEC), l'Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) en France et le Lycée Gilles Jamain de Rochefort.