• 09.12.2015

    Retour sur la COY11/COP21 par les participants de la délégation LOJIQ/OFQJ - Élizabeth Laval : la jeunesse francophone a soif de changement

    LOJIQ a soutenu dans le cadre de son programme Engagement citoyen, la participation d’une délégation de dix jeunes experts sur les questions de l'eau et du changement climatique à la 11e Conférence de la jeunesse COY 11 et aux espaces société civile de la 21e Conférence des parties de la Convention cadre des Nations Unies sur les changements climatiques COP 21. Dans le cadre du projet « La jeunesse francophone pour l’eau » initié par l’Office franco-québécois pour la jeunesse (OFQJ) et le Global Water Partnership (GWP), en partenariat avec le Secrétariat international de l’eau (SIE) et son Parlement mondial des jeunes pour l’eau (PMJE), les dix jeunes québécois se sont joints, à Paris, du 25 novembre au 2 décembre, à une délégation de 42 jeunes francophones issus de dix-sept pays différents pour travailler à la rédaction du livre blanc Un Paris pour l’eau, dans lequel ils expriment leurs constats et leurs recommandations sur les thématiques de « l’eau et l’agriculture », « l’eau et la santé », « le partage de l’eau » et « l’eau et les aléas climatiques ».  Retour sur cette expérience riche de rencontres et de prises de conscience avec les compte-rendus et perspectives d’avenir envisagés et spécialement livrés à LOJIQ par six de ses participants.

    Témoignage de Élizabeth Laval

    Crise écologique et crise politique, deux faces de la même pièce

    Elizabeth Laval est conseillère pour la promotion de la participation citoyenne et de l'égalité femme-homme au Programme Uniterra, mis en œuvre par le CECI (Centre d'étude et de coopération internationale) et l'EUMC (Entraide universitaire mondiale du Canada) depuis 2004.

    Un Paris pour l’eau c’est un recueil de 28 pages de constats et de recommandations. Ce livre blanc est l’aboutissement d’un processus de consultations nationales effectuées tout au long de l’année, et d’une semaine d’échanges, de conciliation et de rédaction à Paris, entre 52 jeunes, issus de 17 pays de la francophonie, dans le cadre de la COY11 et de la COP21. Grâce au soutien de LOJIQ, j’ai eu l’opportunité de faire partie de cette délégation unie par l’engagement de chacun de ses membres envers les problématiques relatives à l’eau et aux changements climatiques.

    Le processus de rédaction s’est avéré somme toute assez laborieux. En version plus simplifiée des négociations qui se déroulent présentement dans la zone bleue de la COP21, nos décalages de perception envers ces enjeux vitaux se sont rapidement manifestés. Non seulement sommes-nous 52 jeunes différemment affectés par les changements climatiques dans nos projets comme dans nos pays d’origine respectifs, mais nous ne bénéficions pas des mêmes moyens politiques, financiers et techniques pour les contrer. 

    Dans ce contexte, ce fut avant tout un exercice de réceptivité, de discernement et d’empathie, pour réussir à présenter un livre blanc consensuel sur les quatre grandes thématiques que nous avions préétablies, soit « l’eau et l’agriculture », « l’eau et la santé », « le partage de l’eau » et « l’eau et les aléas climatiques ». Un Paris pour l’eau témoigne en ce sens de l’impératif de faire preuve de solidarité pour atteindre un accord commun malgré les divergences de perceptions et d’intérêts de tous.

    Soulignons par ailleurs que notre livre blanc ne se veut délibérément pas révolutionnaire. Plus de 20 ans après le Sommet de la terre à Rio en 1992, les solutions sont aujourd’hui bien connues et ont été martelées à maintes reprises auprès de nos autorités. Nous avons plutôt favorisé une approche de vulgarisation, de généralisation et de conciliation autour d’enjeux particulièrement complexes. Je me permets toutefois de souligner qu’au cœur des solutions ponctuelles abordées dans notre livre blanc, réside la thématique de l’inégalité d’accès aux ressources en eau en qualité et en quantité. En d’autres termes, figure indéniablement en trame de fond l’importance d’incorporer la lutte contre les inégalités au cœur même des négociations sur les changements climatiques. Ainsi, en remettant Un Paris pour l’eau aux décideurs, La jeunesse francophone pour l’eau discerne à la fois le caractère éminemment politique de ces enjeux, et le devoir de nos États de se dissocier du paradigme économique global basé sur la croissance, l’exploitation et la compétitivité. Ce système économique qui est la source même des changements climatiques. Car, nous ne le répéterons jamais assez, la crise écologique actuelle est aussi une crise politique marquée par d’asymétriques dynamiques de pouvoir.

    Or la COP21 s’est poursuivie et en dépit de la très modeste portée de ce livre blanc, la jeunesse continuera à se mobiliser pour tenter d’insuffler les changements nécessaires fondés sur une justice socio-environnementale. La proactivité des mouvements citoyens, redynamisés par la jeunesse, sera sans aucun doute essentielle à cet effet. Car, comme le disait Jean Monnet : « Ce qui est important, ce n’est pas d'être optimiste, ni pessimiste, mais d'être déterminé ».

    Elizabeth Laval  
    Membre de la délégation québécoise – LOJIQ/OFQJ
    Conseillère au Programme Uniterra, mis en œuvre par le CECI et l'EUMC
    elizabeth.laval(at)gmail.com