• 15.06.2016

    Témoignage - Enseigner la littérature québécoise en Inde, une expérience inoubliable

    Depuis 2012, LOJIQ, en collaboration avec le ministère des Relations internationales et de la Francophonie, offre un stage auprès de la Jawaharlal Nehru University (JNU). À titre de chargée de cours et d'animation au Centre d'études françaises et francophones de la JNU, un stagiaire assure une charge de cours de niveau maitrise sur la littérature québécoise et une présence à la Salle Québec du Centre en animant des activités culturelles en lien avec le Québec.  Myriam Côté, diplômée de la maîtrise en Littérature de la langue française à l’Université de Montréal a assuré du 11 janvier au 30 avril 2016 cette charge de cours.  Elle partage avec nous son expérience d’enseignement en Inde.

    Remerciements

    D'entrée de jeu, je tiens à remercier Gabrielle Mercier-Richard, chargée de projets chez LOJIQ, pour m'avoir donné l'occasion de vivre cette expérience inoubliable. J'ai beaucoup bénéficié de ses conseils, de son écoute et de ses ressources.

    Un autre remerciement bien spécial à Vijaya Rao, professeure à la JNU, pour son accueil, son engagement, sa disponibilité et son humour. Mon expérience aurait été bien différente sans elle. Vijaya est une véritable ambassadrice pour la culture québécoise. Elle témoigne avec passion et intelligence de la littérature québécoise et parvient à susciter la curiosité de toute une génération de jeunes étudiants de langue française aux quatre coins de l'Inde.

    Bien qu'ils ne liront pas ce rapport, je tiens tout de même à remercier mes étudiants, des jeunes curieux, intelligents et passionnés par la littérature francophone. Ce fût un grand plaisir que de leur enseigner durant le trimestre.

    Les diverses activités effectuées à la JNU

    La Jawaharlal Nehru University à Delhi est une université très vivante et engagée. Bien que la grève m'ait empêché d'organiser des activités chaque semaine, j'ai tout de même pu présenter la culture québécoise à travers quelques événements. Le cours de maîtrise en littérature québécoise est bien entendu l'activité qui permet d'approfondir le plus la découverte de la culture québécoise. Le cours se donne deux fois par semaine à raison de deux heures par cours. J'ai donné beaucoup de livres à lire aux étudiants, ce qui leur a permis d'approfondir leur connaissance de la littérature québécoise, particulièrement de la littérature contemporaine. Mis à part le cours, la mise à notre disposition de films québécois contemporains par le Bureau du Québec à Mumbai m'a permis de dresser un portrait plus complet de la culture québécoise. Vijaya et moi avons choisi de présenter Sarah préfère la course et Tu dors Nicole, deux films qui s'intéressent au passage de l'adolescence à l'âge adulte chez une jeune québécoise. Ces projections étaient non seulement destinées à mes étudiants, mais à tous les étudiants intéressés dans le département. C'est une très belle initiative que de permettre de projeter des films récents de la sorte. Ça permet aux étudiants de mieux saisir ce qu'est le Québec de nos jours.

    J'ai également essayé de toucher à divers pans de la culture québécoise en faisant entendre de la chanson québécoise et des extraits de pièces de théâtre, de même qu'en organisant des lectures de poèmes.

    Les diverses activités effectuées en dehors du campus

    Les divers colloques et conférences organisés au cours de mon stage ont été particulièrement stimulants, non seulement pour moi, mais aussi pour les étudiants, enseignants et membres du public général présents lors des séances.

    Vijaya et moi avons été à l'université de Varanasi de même qu'à l'université de Pune pour deux colloques de deux jours chacun ayant pour titre Introduction à la littérature québécoise. Le théâtre, le roman, la poésie, les écrits des femmes et la littérature contemporaine ont été mobilisés pour dresser ce portrait de la littérature québécoise. Des étudiants, des enseignants et des gens tout simplement intéressés par la littérature francophone ont assisté aux diverses séances. L'intérêt était très marqué. Plusieurs étudiants ont d'ailleurs manifesté leur désir de poursuivre leurs études de deuxième cycle sur un corpus québécois. Ainsi, par ces colloques organisés dans d'autres universités, le public intéressé et informé quant à la littérature québécoise s'élargit.

    Une autre activité, bien différente cette fois, la lecture en anglais de la pièce Les Belles-soeurs. Histoire de célébrer les 50 ans de la pièce, Vijaya a organisé une lecture de la pièce de Tremblay à l'Alliance française de Delhi. J'y ai participé. Je jouais le rôle de Thérèse. C'était plutôt drôle et assez exceptionnel de voir comment cette pièce de théâtre parvenait à faire rire et réagir les gens dans la salle. Encore une fois, cet événement permettait de faire rayonner la littérature québécoise et de la faire connaître davantage.

    J'ai également eu la chance de me rendre à Mumbai pour donner une conférence sur la littérature québécoise contemporaine au Cercle littéraire en partenariat avec l'Alliance française de Mumbai. J'y ai évoqué l'ouverture de la littérature québécoise à partir des années 1980 à travers plusieurs décentrements majeurs. Le public était plutôt constitué d'enseignants à l'Alliance et à l'Université de Mumbai ainsi que de quelques étudiants.

    Conclusion - Les apports du stage

    Ce stage est vraiment formidable, non seulement pour la stagiaire, mais aussi pour les étudiants indiens et le rayonnement de la culture québécoise à l'international. Je considère bien humblement que j'ai beaucoup appris durant ces quatre mois à Delhi et que je suis une meilleure enseignante. Les étudiants, pour leur part, ont pu vivre une immersion dans la culture québécoise. Ils ont tous fait part de leur désir de continuer en littérature québécoise et d'en faire leur sujet de mémoire.

    Myriam Côté