• 29.04.2016

    Trois jeunes Québécois engagés dans leur communauté participent à une formation contre le discours de h@ine en ligne à Bruxelles

    LOJIQ a sélectionné lors d’un appel de candidatures trois jeunes Québécois pour participer à la formation #CyberCRACCS portant sur le cyber harcèlement et les messages de haine sur Internet et les réseaux sociaux offerte par le Bureau international Jeunesse à Bruxelles du 18 au 20 mars 2016.

    La formation s’est tenue dans le cadre de la campagne Non à la haine. Le Mouvement contre le discours de h@ine (No Hate Speech Movement) est une campagne initiée en 2013 par le secteur jeunesse du Conseil de l’Europe. Depuis bientôt 3 ans, activistes et associations mènent des actions de sensibilisation dans plus de 40 pays, et ce aussi bien en ligne que hors ligne. Un objectif commun : lutter contre le discours de haine et la discrimination sur Internet et impliquer les jeunes dans le respect des Droits de l’Homme en ligne.

    Cette rencontre internationale a été l'occasion pour les membres de la délégation québécoise d'échanger avec d’autres jeunes engagés et de créer un réseau pour agir ensemble et se soutenir mutuellement, recevoir des outils pour lutter contre le discours de haine en ligne et de lutter contre les discriminations sur le web et le cyber harcèlement.

    Valérie Amyot et Eva Nadon nous racontent leur expérience.

    Qu’est-ce qui vous a motivé à proposer votre candidature pour cette formation? 

    Valérie Amyot - Dans le cadre de mon stage de maîtrise en travail social, j'anime un groupe de parents d'adolescents en milieu scolaire. Les parents du groupe étaient très inquiets des discours de haine auxquels leurs jeunes pouvaient être exposés, sur Internet ou hors ligne. J'ai décidé de poser ma candidature pour aller me chercher des outils d'interventions que je pourrai ensuite transmettre aux membres du groupe. 

    Eva Nadon - Pour moi la discrimination, l’intimidation et le discours de haine n’ont pas leurs places dans notre société. Comme je fais un doctorat en psychologie, je connais bien les impacts psychologiques et collatéraux du fait de se sentir rejeté, et de ne pas se sentir à sa place. De plus, comme j’aimerais être intervenante auprès des adolescents, je trouvais le sujet de cette formation, et son côté «cyber» vraiment pertinent à ma formation. La cyberintimidation fait des ravages auprès des jeunes et ayant acquis beaucoup d’expériences auprès de cette population, je me retrouvais souvent sans outil lorsque je tentais d’aider les adolescents et les parents pris avec un problème d’intimidation en ligne. Cette formation était le moyen idéal pour acquérir des outils concrets afin d’intervenir auprès de cette population.

    Comment a été l’accueil à Bruxelles?  

    Valérie Amyot - L’accueil fut merveilleux! Le BIJ avait loué une auberge de jeunesse qui servait aussi de lieu de travail. Nous pouvions ainsi dormir, manger et travailler tous ensemble dans ce même lieu. L'auberge était située à 20 minutes à pied de la magnifique Grand-Place. Les organisateurs du BIJ ont été très accueillants et disponibles pour nous, le contact était chaleureux.

    Eva Nadon - L’accueil était inoubliable. Bruxelles est une ville fabuleuse. L’équipe de formation était très organisée et dynamique. Les activités étaient concrètes et appliquées à la problématique. Nous avons eu la chance de faire partie d’un groupe de jeunes vraiment très engagés et dynamiques avec lesquels nous avions de très belles discussions formatrices sur les sujets de l’acceptation à la diversité, le discours de haine et l’intimidation. De plus, l’auberge de jeunesse où nous étions logés était un très bel endroit.

    Que retenez-vous de cette expérience et que vous a-t-elle apporté aux niveaux personnel et professionnel? 

    Valérie Amyot - Personnellement, cette formation m'a permis de vivre une expérience incroyable de travail de groupe. Nous étions une bonne trentaine de jeunes qui ne se connaissaient pas, et au bout de 3 jours nous étions devenus de bons collègues, fiers du travail accompli. Évidemment, j'ai été séduite de nouveau par Bruxelles, cette ville que j'aime tant. Professionnellement, cette formation m'a permis de collecter les outils pour informer les parents de mon groupe. J'ai aussi pu transmettre les documents reçus lors de la formation à une professeure de l'UQAM qui travaille actuellement sur les discours de haine et les TICs. 

    Eva Nadon - Cette formation m’a donné beaucoup d’outils qui me seront utiles en tant que future psychologue/neuropsychologue et en tant qu’individu. Au niveau personnel, j’ai maintenant des outils pour sensibiliser mes collègues et mon entourage à la problématique du discours de haine, à la cyberintimidation et à la discrimination. Au niveau professionnel, j’espère réussir à faire régner des environnements de travail dans lesquels le discours de haine ne sera pas permis tout au long de mes études et de ma carrière. J’estime maintenant avoir plus d’outils afin de faire profiter mes collègues et mes clients de ce que j’ai appris lors de cette formation.

    Comment comptez-vous utiliser les outils qui vous ont été transmis lors de cette formation dans vos activités au Québec? 

    Eva Nadon - Dès que la session sera finit, j’aimerais approcher des organismes qui font des présentations dans des écoles du Québec afin de mettre en pratique en tant que bénévole les apprentissages provenant de cette formation lors de présentations sur la cyberintimidation devant des élèves du primaire et du secondaire. 

    Recommandez-vous l’expérience de mobilité internationale à d’autres jeunes ouverts sur le monde comme vous? 

    Valérie Amyot - OUI!! Ayant déjà participé à un échange étudiant à Bruxelles en 2010, à un stage à Bordeaux en 2011 et à cette formation à Bruxelles en 2016, le tout grâce à LOJIQ, j'atteste que ces expériences développent la créativité, l'autonomie, le professionnalisme et la notion de partenariats, essentiels à n'importe quel projet efficace et humaniste. 

    Eva Nadon - Absolument! 

    Ce projet a été réalisé dans le cadre du programme Engagement citoyen de LOJIQ, par le biais de l’Office Québec Wallonie Bruxelles pour la jeunesse (OFQJ).