• 02.11.2015

    OQAJ - Entrepren’Elle - Une mission économique exploratoire à Haïti : témoignage

    La mission Entrepren’Elle qui s’est déroulée du 29 juillet au 5 août 2015 à Haïti, a donné l’opportunité à une dizaine de Montréalaises de bonifier leurs connaissances entrepreneuriales en ajoutant un volet international à leur parcours. L’objectif de cette mission était de permettre aux participantes de développer une culture entrepreneuriale internationale, de découvrir la vie économique, politique, sociale et culturelle haïtienne et de former des partenariats fondés sur l’écoute, l’ouverture d’esprit et la croissance mutuelle, découvrir l’entrepreneuriat féminin et faire de la prospection sur les possibilités d’échange tout en contribuant à l’avancement de leurs objectifs d’affaires.

    Sylberte Desrosiers, co-fondatrice de Sophysti-K, une agence événementielle, était de la délégation de ces jeunes femmes entrepreneures, fières représentantes d’un nouveau modèle de gestion axé sur des valeurs inclusives et féministes, elle témoigne de son expérience.

    Témoignage

    « La mission exploratoire économique Entrepren'Elle Haïti 2015 (MEEE Haïti 2015) fut enrichissante à bien des niveaux : humain, culturel, professionnel. En effet, participer à cette mission m'a donné l’occasion de mettre en pratique mes compétences communicationnelles tout en sollicitant mon esprit d'initiative, ma rigueur et mon dévouement pour le progrès au féminin.

    Lorsque l'on m'a approchée pour faire partie de la délégation, j'ai accepté sans hésiter. Ma dernière visite en Haïti remonte à 1997 et je n'avais aucune idée de ce que j'allais découvrir derrière les portes de l'aéroport Toussaint Louverture. Faire des affaires en Haïti, à cause des mauvaises images projetées dans les médias, ne m'a jamais traversé l'esprit. Lorsque j'ai su que le but de la MEEE Haïti 2015 était d'aller explorer Haïti dans un contexte entrepreneurial, j'ai saisi l'occasion. J'ai adoré l'interaction, le contact avec le public. Là-bas, j'ai fait connaissance avec une jeunesse assoiffée: de savoir, de communiquer et espérant un avenir meilleur. La jeunesse haïtienne ne veut pas qu'on lui tienne constamment la main. Elle veut qu'on lui apprenne à voler.

    Mon expérience va au-delà de l'entrepreneuriat. Observer la vie culturelle, politique et sociale d'Haïti m'a révélé une facette que je ne lui connaissais pas. Je savais qu'il y avait des endroits magnifiques à visiter, comme la ville de Jacmel et son Bassin bleu ou encore le belvédère de Boutilliers. Par contre, j'ai pris conscience du taux de chômage alarmant, des jeunes qui ne savent pas ce qu'il adviendra d'eux après leurs études, des femmes qui veulent qu'on reconnaisse leur importance dans l'avancement économique du pays.

    Au cours du séjour, nous avons rencontré des femmes plus inspirantes les unes que les autres. Elles ont du succès et des chiffres d'affaires à faire pâlir des hommes d'affaires prospères. Pourtant, elles dépeignent, sans prétention, le chemin sinueux par lequel elles sont passées. Je me suis reconnue dans chacune de leur histoire. Visiter l'entreprise de la créatrice de mode Maelle David a aidé à mettre une image sur les enjeux liés à l'entrepreneuriat féminin. Le cours d'histoire de Bayyinah Bello m'a édifiée.

    La soirée de réseautage a été une révélation. La salle remplie au-delà de sa capacité normale m'a fait réaliser que notre passage en Haïti était aussi désiré que nécessaire. La soirée s'est transformée en panel tellement les gens avaient des questions. N'avoir pas été pressées par le temps, nous aurions pu passer des heures à échanger avec l'auditoire, chaque intervention venant enrichir la conversation.

    Je retourne en Haïti dans quelques jours (du 11 au 18 novembre 2015) afin de discuter de partenariat avec des gens que j'ai rencontrés lors de la soirée de réseautage de la mission Entrepren'Elle. Je vais présenter un projet d'art-thérapie pour une clientèle psychiatrique. Nouveau dépArt est une mesure incitative qui permettra à des jeunes ayant des pathologies mentales de participer à des ateliers d’épanouissement personnel par les arts. Ce programme vise à offrir à ces jeunes une immersion en milieu artistique qui leur permettra de socialiser, d’apprendre à se connaître et de prendre leur place dans la société. Ce projet est la suite du programme Hey DJ, que j'ai aidé à mettre sur pied au Québec et qui a fait ses preuves avec des jeunes en centre jeunesse et qui fréquentent des maisons de jeunes dans les quartiers moins bien nantis de Montréal.

    Le but de mon voyage en Haïti est donc d'aller discuter avec des professionnels du milieu de la santé mentale et des artistes haïtiens pour premièrement connaitre et comprendre la situation actuelle (ressources disponibles, mentalité, intérêt) et évaluer la possibilité d'instaurer un programme d'art-thérapie dans le contexte politique, culturel, social et économique haïtien.

    À plus long terme, je souhaite ouvrir un centre de réadaptation pour les femmes et les enfants vivant en situation précaire (victimes de violences, personnes vulnérables en raison d'un handicap physique ou mental). Ce centre offrira un service de relation d'aide aux victimes qui une fois traitées seront embaucher pour travailler à la confection de produits de beauté fabriqués à base de produits naturels. Ces produits seront vendus localement et à l'international. Ce projet est par contre encore sur la table à dessin.

    Je remercie tous ceux qui nous ont si bien reçues en sol haïtien. Merci aussi à LOJIQ pour le soutien financier qui m'a permis de me rendre en Haïti. Félicitations à Luckny Guerrier d'avoir imaginé cette mission et d'avoir fait des pieds et des mains pour que le projet se réalise. Merci de m'avoir forcée à sortir de ma zone de confort, et ce, de la présentation de la MEEE Haïti 2015 jusqu'à mon retour à Montréal le 5 août dernier.

    En attendant de retourner à la Perle des Antilles, je fais passer le message qu'Haïti veut revoir ses enfants. Il est possible et important d'investir dans sa reconstruction. Haïti chérie, tes larmes ne sont pas vaines. Elles arrosent l'arbre de pérennité qui abritera les générations futures... »

    Ce projet a été réalisé dans le cadre du programme Entrepreneuriat de LOJIQ, par le biais de l’Office Québec-Amériques pour la jeunesse (OQAJ).

    Voir aussi
    Entrepren’Elle : une mission exploratoire économique au féminin à la Perle des Antilles