Marilou Ethier revient des Journées francophones de la sexologie et de la santé sexuelle, tenues à Marseille en mars. Dans le cadre de la 3e édition de Missions immersives en Francophonie, elle visait l’expansion de son entreprise d’éducation à la sexualité, Olie Éducation. Toutefois, la Gatinoise mesure l’importance d’adapter d’abord son objectif entrepreneurial aux réalités du marché convoité.

Marilou, pour ta mission commerciale, tu avais 4 objectifs. Le 1er était d’obtenir de nouveaux utilisateurs. Comment s’est déroulé ton démarchage pour y arriver ?
Marilou Ethier – «À bien y penser, cet objectif n’était pas le bon pour cette mission-là ! J’ai toujours comme objectif d’aller chercher plus d’utilisateurs. Notre public cible, ce sont les parents d’enfants entre 0 et 12 ans. Pour être honnête, je n’ai pas parlé à beaucoup de parents pendant ce congrès conçu pour spécialistes de la sexologie et professionnels de la santé. Ces derniers vont plutôt agir comme référents pour Olie Éducation, au lieu d’en être des utilisateurs. Donc, mon objectif de démarchage a changé. On s’est vite rendu compte que la priorité était de développer des contacts et notre notoriété en santé sexuelle

Ton 2e objectif était d’établir des relations avec des organismes français. Quels autres ajustements as-tu faits pour correspondre avec la façon de réseauter en France ?
«Au Québec, quand je m’adresse aux organismes et partenaires potentiels, je trouve l’écosystème sexologique très ouvert, très réactif et enthousiaste aux possibilités de collaboration. Ils semblent avoir leur propre voie, leur spontanéité décisionnelle.
En France, j’ai senti que les besoins étaient criants. Cependant, notre approche de partenariat était plus surprenante. Comme si les organismes dépendaient plus des instances gouvernementales. Ils étaient surpris lorsque je proposais des partenariats.
Or, chez Olie, c’est important de se rapprocher de l’écosystème. On développe du contenu avec nos partenaires et les autres entreprises. Nous nous sommes démarquées, car nous étions déjà prêtes à travailler avec les autres. En France, les organismes étaient surpris de cette approche-là. C’est ce qui est différent des relations d’affaires que j’ai au Québec. Cela étant, on a appris immensément là-bas

Justement, ton 3e objectif était de découvrir les dernières recherches sur la santé sexuelle. Qu’est-ce que tu as appris au congrès des Journées francophones de sexologie et de santé sexuelle ?
«Le thème du congrès était : Sexualités et situations de vulnérabilité : avancées et défis. Il y avait beaucoup de conférences sur les personnes en situation de handicap, les communautés LGBT+, les personnes touchées par le spectre de l’autisme… J’ai appris beaucoup sur le concept du validisme, qui est un modèle de pression sur des personnes qui ont des corps et des validités dites non conformes.
Et, la grande tendance à laquelle je ne m’attendais pas, c’est la reconnaissance de la profession de sexologue. C’était impressionnant de savoir que le Québec fait exception dans ce domaine ! Nous avons des baccalauréats universitaires. On a un ordre professionnel depuis 2013. En France, c’est différent : des professionnels de la santé se spécialisent en sexologie – sages-femmes, médecins, pharmaciens… Mais la profession de sexologue n’existe pas comme telle

Avec toutes ces adaptations à la culture des affaires et à la culture de l’éducation sexuelle en France, comment est-ce qu’Olie Éducation va se développer en France ?
«Il y aura des partenariats, assurément. On parle de partenariats où les organismes là-bas peuvent œuvrer comme référents pour nos contenus. On envisage de passer par les professionnels de la santé. On est prêt à adopter une stratégie différente pour s’adapter. Je n’aurais pas une vision aussi claire sans les Missions immersives. Apprendre sur les avancées en sexologie et sur la vision de l’éducation sexuelle en France me permet d’avoir un portrait beaucoup plus clair en vue de notre expansion. C’est une grande étape pour Olie, qui est encore en démarrage, mais qui a un bel avenir

 

Image du site www.lojiq.org

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Depuis 2022, Missions immersives en Francophonie permet à un groupe de femmes entrepreneures sélectionnées de suivre une formation sur l’exportation, puis de partir à la conquête de marchés convoités à travers la Francophonie.

Missions immersives en Francophonie est une initiative de LOJIQ, appuyée par les partenaires et collaborateurs suivants :
Ministère des Relations internationales et de la Francophonie
Commerce international Québec et son réseau ORPEX
Ministère de l’Économie et de l’Innovation
Secrétariat à la jeunesse
Desjardins Entreprises
Secrétariat du Québec aux relations canadiennes

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